L’adaptation des services en santé mentale pendant la pandémie

Editorial
February 26, 2021
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Les organisations en santé mentale ont dû faire preuve de créativité et d’adaptabilité pour maintenir leurs services malgré la dynamique de la pandémie.

Le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux du Nord-de-l'Île-de-Montréal (CIUSSS du NIM) n’a cessé de s’adapter au rythme de la pandémie pour continuer à offrir un accès aux soins en santé mentale tout en respectant les directives de la santé publique.     

 

« On ne voulait pas que la pandémie pénalise les gens en demande ou sur liste d’attente de service », explique Louis Delaquis, directeur adjoint volet enfants et adolescents, Direction des programmes santé mentale et dépendance du CIUSSS du NIM. « Ça a nécessité une grande transformation. »

 

Alors que la pandémie avait forcé l’arrêt de la majorité des activités en présentielle, l’instauration de la télépratique a pu se faire progressivement, en commençant par des pratiques principalement par téléphone afin de « suivre la situation en santé mentale et aussi les impacts de la pandémie sur nos populations », dit-il.

 

Selon lui, l’adaptation clinique à la télépratique « était un concept dont on parlait, mais qui était inexistant » avant la pandémie.

 

Pour le service ambulatoire, le contact à distance avec les usagers a été fortement maintenu, mais les activités de diagnostic ont dû être diminuées pendant le plus gros de la première vague avec le maintien d’activités spécifiques pour les clientèles les plus vulnérables, explique Louis Delaquis.


Il explique en outre que les stratégies habituelles de communication au sein des équipes n’étaient « peut-être pas tout à fait adaptées à la situation rapide de la pandémie », ce qui a exigé des équipes qu’elles se rencontrent  plus souvent pour suivre la situation en direct et s’adapter aux besoins de chacun.

 

« Plein de nouvelles pratiques se développent, il y a des choses qu’on ne faisait pas avant, qu’on est obligé de faire maintenant, et qui sont peut-être plus valables que ce qu’on faisait précédemment », dit-il.


Par rapport à l’hospitalisation, un dépistage systématique à l’entrée a été mis en place, explique Louise Tassé, coordinatrice pour l’urgence et l’hospitalisation à la Direction en santé mentale volet jeunesse au CIUSSS du NIM.

 

« Quand les jeunes étaient admis, ils étaient isolés et testés », explique-t-elle. Cette mesure a empêché les éclosions de COVID-19. Le dépistage systématique à l’entrée n’était pas chose simple avec des enfants, et le personnel a dû, dans certains cas, être persuasif.  « On expliquait aux jeunes que c’était pour leur permettre de passer la journée dans l’unité avec les gens ». 

 

L’interdiction des visites des familles des enfants hospitalisés pendant les premières semaines de la pandémie a demandé une grosse adaptation du service d’hospitalisation.

 

Afin que les jeunes qui ne pouvaient pas recevoir de visite de leur famille puissent être en contact avec leurs proches, le service s’est procuré des tablettes et des téléphones intelligents, explique Louise Tassé.

 

En attendant l’arrivée des appareils technologiques, « les infirmières prenaient leur téléphone personnel », afin que les jeunes puissent parler à leur famille. Elle raconte que le personnel soignant devait expliquer à certains parents comment faire des appels visuels.

 

En temps normal, les visites de suivi après une hospitalisation se font à l’hôpital. Cependant, le service a dû récemment être adapté en intégrant des suivis par téléphone et par visioconférence pour les jeunes sortant de l’hospitalisation. Cela permet d’éviter que les jeunes usagers étant rentrés chez eux contaminent le personnel soignant en revenant à l’hôpital.

 

Du côté du personnel soignant, les changements dus à la pandémie ont nécessité « une somme d’adaptations incroyable », selon Louis Delaquis. Louise Tassé explique que l’ensemble du personnel a dû suivre des formations afin de pratiquer dans les conditions les plus sécuritaires.

 

« On a même nommé des champions qui, dans les unités, regardaient les autres faire » dit-elle, afin de s’assurer que le personnel effectuait les bons gestes.

 

Selon Geneviève Ross-Robert, coordinatrice de la clinique DI-TSA du CIUSSS du NIM, il était plus que jamais important de maintenir les services pendant « une année où il allait falloir s’adapter pour être certain de maintenir les services en place et d’accompagner les patients, mais d’une façon différente », dit-elle.


Le CIUSSS du NIM semble plus prêt que jamais à s'ajuster face à l’imprévisibilité de la pandémie. C’est avec une détermination inébranlable que le personnel soignant va donc continuer de faire face à cette pandémie pour que les usagers puissent recevoir les soins appropriés.


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