L'impact de la fermeture des gyms sur la santé mentale

Sports
April 24, 2024
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En discutant avec mon entourage, j'ai réalisé que ce changement a affecté le bien-être de nombreuses personnes. Voici le témoignage d'une femme qui s'entraîne et qui souhaite partager son expérience.

Note : La personne qui témoigne souhaite rester anonyme tout en donnant une voix à son vécu.

Quand le gouvernement a annoncé la fermeture des gyms pour une période de 20 jours, je suis tout de suite tombée dans le déni: le temps allait filer. Après tout, j’avais réussi à passer au travers du tout premier confinement en mars. J’avais manifestement tort (encore une fois!) de sous-estimer l’impact de cette fermeture. 


Au début, je me suis débrouillée avec les poids de 25 livres de mon père et mes bandes de résistances, en variant l’intensité et l’exécution des exercices, mais ce n’était pas du tout la même chose. Oui, c’était mieux que rien. Ça diminuait un peu mon stress. Mais ce programme d’exercices provisoire n’était simplement pas comparable aux matins où je me réveillais à l’aube pour enfiler mes vêtements de sport et me rendre au gym. 


Là-bas, je soulevais des poids plus lourds que moi, je rencontrais des gens qui se surpassaient autant que moi (voire plus!). Je me sentais fière de voir le numéro sur les poids se multiplier, ma force augmenter et mon corps se transformer alors que mes muscles gagnaient un peu plus de définition à chaque entraînement.


Pour être totalement honnête, ces semaines de reconfinement ont été difficiles. J’étais alors en période d’examens. Avant la pandémie, soulever des poids au gym de façon quotidienne me permettait de soulager mon anxiété en canalisant mon énergie. Privée de ma routine habituelle, je n’éprouvais pas seulement du stress en raison de mes examens, mais aussi face à la nourriture. 


Je ne souffre pas d’un trouble alimentaire, mais ma relation avec la nourriture est un élément crucial pour cultiver des habitudes de vie saines, qui à mon avis, contribuent largement à mes progrès et à mon succès. Quand j’avais accès au gym, tout se faisait naturellement: je m'entrainais et ça me donnait le goût de nourrir mon corps à sa faim, avec des aliments qui me faisaient me sentir bien. Mais sans le gym, ma motivation diminuait alors que mon anxiété augmentait, après quoi je me tournais beaucoup vers des aliments qui m’apportaient un certain réconfort.


Je ressentais parfois de la culpabilité, ainsi qu’une peur de voir mes progrès s’envoler. J’ai pleuré deux ou trois fois dans les bras de mon amoureux parce que je n’avais pas mangé “assez” de protéines ou parce que j’avais mangé “trop” de glucides. En y repensant, oui, ça aurait pu être le commencement d’un trouble alimentaire comme l’orthorexie. Heureusement, j’étais bien entourée, j’avais réussi à changer ma perception de la nourriture et je savais que si j’avais besoin d’aide, je pouvais appeler ANEB. 


Certains diront que c’est égoïste de vouloir que les gyms restent ouverts pour ma santé mentale, tandis que ça pourrait contribuer à la propagation du virus. Mon but n’est pas d’argumenter, mais de partager ma réalité et celle de tous ceux pour qui s’entraîner dans un gym aidait grandement à la santé mentale. D’autres diront que je peux méditer, courir dehors ou m’entraîner à la maison (ce que je fais déjà!). Or, m’entraîner au gym était devenue LA meilleure façon pour moi de me sentir bien. Rien ne se compare à la préparation mentale et physique qu’il faut pour lever un poids lourd et à la fierté d’y arriver. Réussir à lever un poids, c’est réduire le poids de mes préoccupations et me prouver que je suis plus forte que je le pense, tant physiquement que psychologiquement. 


Pour l’instant, je me contente de mes poids et de mes bandes de résistance. Cependant, au fond de moi, je rêve de retourner m’entraîner au gym. Ces périodes de confinement me font prendre conscience d’à quel point les choses qui semblent anodines, comme m’entraîner, contribuaient énormément à mon bien-être et que j’aurais dû en être reconnaissante. Le confinement nous permet de nous rendre compte que les choses les plus simples, comme la présence de notre famille et de nos amis ou la pratique d’un sport, sont celles qui nous apportent un sentiment de bonheur réel.


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